Un locataire qui cesse de payer, ce sont des mois de loyers perdus, des frais de commissaire de justice et d’avocat, et parfois une longue procédure avant de récupérer son logement. L’assurance loyers impayés, ou GLI, transforme ce risque en une cotisation fixe et prévisible. Ce guide explique ce qu’elle couvre, à quelles conditions, combien elle coûte, et comment la comparer à la garantie Visale, qui a beaucoup changé en 2026. Avec, en prime, les points à connaître si vous louez dans le Morbihan.
Le mot de Jean
On parle souvent des impayés, beaucoup moins des dégradations. Pourtant, c’est là que mon œil d’ancien artisan est le plus utile : savoir chiffrer une remise en état et distinguer l’usure normale d’une vraie dégradation. Je vous donne mes repères plus bas, car c’est souvent ce qui fait la différence au moment d’être indemnisé.
Ce qu’elle couvre → Loyers et charges impayés, frais de procédure et, selon les contrats, dégradations locatives.
Pour qui → Logements loués en résidence principale du locataire. Les locations saisonnières et les résidences secondaires sont exclues.
Coût → En général 2,5 à 4 % des loyers et charges encaissés, déductibles au régime réel.
À savoir → Interdit de la cumuler avec une caution solidaire, sauf pour un étudiant ou un apprenti. Visale ne couvre plus que les trois premières années de location depuis janvier 2026.
Comment fonctionne l’assurance loyers impayés ?
Ce que couvre une GLI
- Loyers et charges impayés : remboursés dans la limite d’un plafond, souvent de l’ordre de 70 000 à 90 000 € selon les contrats, et parfois sans limite de durée, parfois sur 24 à 36 mois
- Frais de procédure : commissaire de justice, avocat, commandement de payer, procédure d’expulsion
- Dégradations locatives (souvent en option) : plafond fréquent entre 7 000 et 10 000 €
- Options selon les formules : départ du locataire sans préavis, vacance locative, protection juridique étendue
Quels logements sont éligibles ?
La GLI couvre les logements loués en résidence principale, en location nue ou meublée. Les locations saisonnières, les résidences secondaires et les baux commerciaux sont exclus.
Point de vigilance dans le Morbihan : sur le littoral, beaucoup de biens alternent location à l’année et location estivale. Seule la période louée en résidence principale peut être couverte. Si vous passez votre bien en saisonnier l’été, la GLI ne vous protège pas sur cette période. Pour comprendre les règles des deux formules, voir notre guide pour mettre un bien en location dans le Morbihan.
Quand souscrire ?
Idéalement avant la signature du bail, car l’assureur doit valider le dossier du locataire en amont. Certains assureurs acceptent une souscription peu après l’entrée dans les lieux ou pour un locataire déjà en place, mais avec des conditions plus strictes et souvent un délai de carence de quelques mois, pendant lequel un impayé n’est pas couvert.
Les conditions à remplir par le locataire
Le taux d’effort
Le critère central est le taux d’effort : le loyer charges comprises ne doit pas dépasser environ 33 % des revenus nets du locataire. Certains contrats acceptent un peu plus. Pour un loyer de 750 € charges comprises, le locataire doit donc justifier d’environ 2 250 € de revenus nets mensuels.
Les profils acceptés
Les conditions varient d’un assureur à l’autre. En général, sont acceptés les salariés en CDI hors période d’essai, les fonctionnaires et les retraités. Les CDD, intérimaires et travailleurs indépendants le sont plus rarement, souvent avec une ancienneté minimale. Les étudiants et apprentis peuvent l’être avec une caution solidaire.
Pas de cumul avec une caution : la loi du 6 juillet 1989 (article 22-1) interdit au propriétaire qui a souscrit une GLI d’exiger en plus une caution solidaire, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti.
La validation du dossier
L’assureur contrôle les pièces du locataire avant la signature du bail : pièce d’identité, justificatifs de revenus et d’activité, dernier avis d’imposition. Les faux bulletins de salaire et faux avis d’imposition se sont multipliés. Vérifiez vous-même l’avis d’imposition grâce au service de vérification en ligne de l’administration fiscale, et choisissez un assureur qui contrôle les dossiers sérieusement.
Un dossier non validé par l’assureur, ou qui ne respecte pas ses critères, peut entraîner un refus d’indemnisation, même si vous avez payé vos cotisations pendant des années.
Combien coûte une GLI ?
La cotisation est calculée en pourcentage des loyers et charges. Pour un loyer de 750 € charges comprises, une cotisation de 3 % représente environ 22 € par mois, soit 270 € par an.
Au régime réel des revenus fonciers, cette cotisation est déductible. En location meublée au régime réel, elle fait partie des charges déductibles. Au micro-foncier ou au micro-BIC, elle n’est pas déductible à part, car elle est déjà incluse dans l’abattement forfaitaire. Pour mesurer l’impact sur votre rentabilité, voir notre guide sur le calcul du rendement locatif brut et net.
Formule de base ou formule complète ?
| Garantie | Formule de base | Formule complète |
|---|---|---|
| Loyers et charges impayés | Oui | Oui, plafond plus élevé |
| Frais de procédure | Oui | Oui |
| Dégradations locatives | Souvent non | Oui |
| Protection juridique étendue | Limitée | Oui |
| Vacance locative | Non | En option |
Lisez attentivement les franchises, les délais de carence et les plafonds : deux contrats au même tarif peuvent offrir des protections très différentes.
Les dégradations : l’avis d’un ancien artisan
Le conseil de Jean
L’assureur n’indemnise que les dégradations, pas l’usure normale. Une peinture défraîchie après six ans d’occupation ou une moquette usée dans le passage, c’est de l’usure. Un trou dans une porte, un plan de travail brûlé ou des carreaux cassés, c’est une dégradation.
Pour vous en sortir, trois réflexes : un état des lieux d’entrée très détaillé, avec photos datées de chaque pièce ; une grille de vétusté annexée au bail, qui fixe la durée de vie des équipements ; et des devis d’artisans au moment du départ, pour chiffrer précisément la remise en état. Sans ces pièces, le dossier d’indemnisation est fragile.
GLI, Visale ou caution solidaire : que choisir ?
La garantie Visale depuis janvier 2026
Visale est une caution gratuite d’Action Logement. En cas d’impayé, elle indemnise le propriétaire puis se retourne contre le locataire. Depuis le 6 janvier 2026, plusieurs règles ont changé :
- Durée : la garantie couvre les trois premières années d’occupation, quelle que soit la durée du bail
- Salariés de plus de 30 ans : plafond de revenus relevé de 1 500 € à 1 710 € nets par mois
- Saisonniers : accès simplifié, sans condition de mobilité géographique
- Loyers maximum : revalorisés, avec des plafonds qui varient selon la zone et le profil
Visale reste ouverte aux jeunes de 18 à 30 ans (étudiants, alternants, salariés, demandeurs d’emploi), ainsi qu’à certains salariés plus âgés sous conditions de revenus ou de mobilité. Elle peut couvrir, selon les cas, certaines dégradations locatives.
Dans le Morbihan, Visale est particulièrement adaptée aux étudiants de l’Université Bretagne Sud à Vannes et Lorient, aux alternants, et désormais aux saisonniers du tourisme qui cherchent un logement sur la côte pour la saison. Vérifiez l’éligibilité du locataire sur le site officiel de Visale avant de signer.
Comparatif des trois solutions
| Critère | GLI | Visale | Caution solidaire |
|---|---|---|---|
| Coût pour le bailleur | 2,5 à 4 % des loyers | Gratuit | Gratuit |
| Durée | Durée du contrat | 3 premières années | Fixée dans l’acte de caution |
| Locataires concernés | Profils validés par l’assureur | Jeunes, saisonniers, salariés sous conditions | Tous, selon le garant |
| Frais de procédure | Pris en charge | Recouvrement géré par Visale | À votre charge |
| Fiabilité | Élevée si dossier validé | Élevée dans ses limites | Dépend des revenus du garant |
En résumé, Visale convient bien aux jeunes locataires et aux baux courts. La GLI est préférable pour une location de longue durée ou un locataire hors critères Visale. La caution solidaire reste courante, mais sa solidité dépend de la situation du garant, qui peut changer pendant le bail.
Que faire dès le premier impayé ?
Tenter d’abord la solution amiable
Un locataire de bonne foi peut traverser une difficulté passagère. Un plan d’apurement, c’est-à-dire un échéancier écrit pour rembourser la dette, évite souvent une procédure longue. Un conciliateur de justice, gratuit, peut aider à trouver un accord. Gardez une trace écrite de tous les échanges.
Dans le Morbihan, l’ADIL du Morbihan conseille gratuitement propriétaires et locataires en cas d’impayé, à Vannes et à Lorient. Elle peut vous aider à comprendre la procédure et à orienter un locataire en difficulté vers les aides existantes.
La procédure judiciaire et la loi Kasbarian
Si l’amiable échoue, l’assureur pilote en général la procédure : commandement de payer, assignation devant le juge, résiliation du bail, puis expulsion. La loi Kasbarian du 27 juillet 2023 a rendu la clause résolutoire obligatoire dans les baux d’habitation et raccourci certains délais.
La trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, suspend l’exécution des expulsions. Pendant cette période, la GLI continue en principe de vous indemniser, dans les limites de votre contrat. C’est précisément là qu’elle montre son utilité.
Baux en cours, PNO et contrat d’agence
Assurer un bail déjà en cours
Pour un locataire déjà en place, les assureurs exigent en général un historique de paiement sans incident sur plusieurs mois, et appliquent souvent un délai de carence. Les conditions varient beaucoup d’un contrat à l’autre.
GLI et assurance PNO : deux protections différentes
La GLI protège vos revenus : impayés, procédure, dégradations. L’assurance propriétaire non occupant (PNO) protège votre bien et votre responsabilité : incendie, dégât des eaux, tempête, responsabilité civile. Sur la côte morbihannaise, exposée aux tempêtes d’hiver, la PNO est indispensable, et elle est obligatoire en copropriété. L’une ne remplace pas l’autre.
Contrat individuel ou contrat de l’agence ?
Si une agence gère votre bien, elle peut vous proposer son contrat GLI collectif, souvent à un tarif intéressant. Comparez quand même les plafonds, franchises et exclusions avec un contrat individuel : les conditions peuvent être moins favorables.
Une location bien protégée repose sur trois piliers : un dossier locataire vérifié, une garantie adaptée au profil et une réaction rapide au premier impayé.
Pour préparer le bail lui-même, consultez notre guide du bail de location et ses clauses obligatoires.
FAQ
La GLI rembourse les loyers et charges impayés dans la limite d’un plafond, prend en charge les frais de procédure et, selon les contrats, les dégradations locatives. Elle ne concerne que les logements loués en résidence principale : les locations saisonnières et résidences secondaires sont exclues.
Le loyer charges comprises ne doit pas dépasser environ un tiers de ses revenus nets, et son dossier doit être validé par l’assureur avant la signature du bail. Les profils acceptés varient selon les contrats. La GLI ne peut pas être cumulée avec une caution solidaire, sauf pour un étudiant ou un apprenti.
Comptez en général entre 2,5 et 4 % des loyers et charges, soit environ 22 € par mois pour un loyer de 750 € charges comprises à 3 %. La cotisation est déductible au régime réel, en location nue comme en meublé.
Depuis le 6 janvier 2026, Visale couvre les trois premières années d’occupation, quelle que soit la durée du bail. Le plafond de revenus des salariés de plus de 30 ans passe de 1 500 € à 1 710 € nets par mois, l’accès des saisonniers est simplifié et les plafonds de loyer ont été revalorisés.
Non, la GLI ne couvre que les logements loués en résidence principale. Pour une location saisonnière, très répandue sur le littoral du Morbihan, le paiement est en général encaissé à la réservation, via la plateforme ou un acompte, ce qui limite le risque d’impayé.
Relancez le locataire par écrit, puis envoyez une mise en demeure en recommandé si rien ne bouge. Déclarez le sinistre à votre assureur dans le délai prévu par le contrat. Tentez une solution amiable, comme un plan d’apurement. Dans le Morbihan, l’ADIL vous conseille gratuitement sur la procédure.
